Je-te-crie Camille

Festiva OFF Avignon 2018- HUMANUM 149

Un triptyque théâtral sur l’enfermement de Camille ClaudelThéâtre, danse et ombres en mouvement. Spectacle tout public à partir de 14 ans.

Un spectacle de Simona Acerbi

Avec Julia Poggi et Carine Charrier Musiques Boris Bruguière

Je-te-crie Camille

La Compagnie LunaSol propose avec Je-te-crie Camille, un temps d’arrêt en trois mouvements, qui raconte l’isolement de l’artiste Camille Claudel, durant 30 années.

Je-te-crie Camille est une proposition théâtre entre « cri silencieux et écrit à haute voix ». Un voyage dans le silence de sa vie de femme et d’artiste, une danse dans ses mots laissés sans réponse, des ombres fragiles et éphémères qui se déplacent, un son entre valse et percussion, terrestre et aérien.

Camille Claudel existe ici à travers trois langages qui se répondent, le théâtre, la danse et l’ombre en mouvement. Son être est porté et révélé, tour à tour, par trois femmes qui racontent Camille avec leurs propres formes artistiques et la sensibilité qui les réunis au sein de ce projet signé Lunasol.

Comme dans trois solos, chaque interprète évoquera avec son propre langage la vie et la personnalité de Camille, solitude et isolement, enfermement et attente sont dessinés par ce trio de femmes qui se retrouvent face au public. Des liens se tisseront entre la danse, l’ombre et le jeu, comme dans un souffle, comme autant de gestes composant une sculpture, dans un mot ou bien dans un seul et unique cri, celui de Camille, celui qui fait appel à son droit de liberté.

Texe Simona Acerbi

Mère, parlez- moi, je ne vous vois pas, ici, c’est sombre.
Autour de moi… Il n’y a que le rien, un rien froid comme le vent. Pourtant, il était doux autrefois, il était doux le vent…
Mes mains à présent s’accrochent au vide.

Chut !
Silence…
Sur la pointe des pieds, j’observe derrière les volets fermés.
Délire ?
A qui la faute ? Est-ce donc la mienne ?
Barricadée. Reléguée
Isolée. Enfermée…
Je suis dans la position d’un chou, rongé par les chenilles ; à mesure que je pousse une feuille, elles la mangent.. Surtout ici, je suis mangée, dévorée…
Je suis engloutie toute entière
Je vis dans un monde si curieux, si étrange…
Les maisons de fous sont des maisons faites exprès pour vous faire souffrir, surtout quand on ne voit jamais personne ! Du rêve que fut ma vie, ceci est le cauchemar.

J’ai froid !
Mère, pouvez- vous réchauffez mon âme ? Ce qu’il en reste du moins…
Je ne suis plus une créature humaine.